Neuroscience et écrans : quel impact sur nos enfants ?

neurosciences et écransSouvent critiqués, les écrans ont envahi notre quotidien et celui de nos enfants. Leur omniprésence inévitable interroge les scientifiques sur les dommages éventuels qu’ils pourraient causer sur les cerveaux en formation des plus jeunes. Existe-t-il un lien de cause à effet entre la surexposition aux écrans et certains troubles du langage, du sommeil ou de l’attention ? Mon enfant et les écrans s’est penché sur ce qu’en disent les neurosciences et les études à ce jour.

De quels troubles parle-t-on ?

Le HCSP note que les écrans surconsommés par les enfants peuvent avoir : « des effets négatifs directs sur le sommeil et indirects sur le surpoids Les effets sur le sommeil sont établis et sont de plus en plus importants au fur et à mesure que le temps d’utilisation s’allonge. Ce sont les comportements associés à l’utilisation des écrans qui sont responsables de la hausse du surpoids : prises alimentaires augmentées, temps de sommeil réduit et qualité de sommeil altérée. Les chercheurs font état d’un risque significatif lorsque les enfants et les adolescents ont accès à des contenus sexuels et pornographiques, voire violents. »

En effet, une utilisation non régulée et accompagner par les parents peut développer chez les enfants certains troubles :

Vous pouvez retrouver nos conseils et notre décryptage de l’impact des écrans sur les enfants dans nos articles « Santé & écrans ».

Faut-il interdire les écrans ?

À ce jour, les neurosciences ne sauraient être formelles quant à l’existence d’un lien de causalité entre la surexposition des enfants aux écrans et l’apparition de troubles cognitifs. Le manque de recul et l’évolution ininterrompue des technologies numériques empêchent une observation scientifique objective. En revanche, elles avouent sans complexe une corrélation évidente entre ces deux phénomènes. En tant que parents, comment protéger nos enfants des effets nocifs des écrans ?

Pour aller plus loin, retrouvez la conférence de Nicolas Poirel, professeur de psychologie du développement cognitif à l’université Paris René-Descartes. Il est également l’auteur de “Votre enfant devant les écrans. Ne paniquez pas !”

Et les effets bénéfiques, alors ?

Dans notre société hyper connectée, bannir les écrans est inenvisageable, alors autant en tirer parti ! Les écrans peuvent s’avérer être de précieux outils pédagogiques. La crise de la Covid-19 nous a démontré à quel point les écrans sont indispensables à la poursuite des cours à la maison. Plus généralement, les technologies numériques représentent une porte d’entrée vers le savoir, un support pour accéder librement à une mine d’informations sur des sujets aussi divers que variés. Pour aller plus loin, les serious games qui associent un objectif sérieux d’apprentissage à des ressorts ludiques sont en train de conquérir les plus jeunes. Qui a dit que l’apprentissage devait nécessairement être rébarbatif pour être efficace ?

Éviter le mésusage des écrans

En réalité, plus que la surconsommation d’écrans, c’est leur mésusage qui provoque des effets néfastes sur nos enfants. C’est ainsi que le manque de concentration peut s’expliquer par la procrastination et la sérendipité. Cette web-errance naît des découvertes fortuites induites par la recherche documentaire et conduit à poursuivre la navigation encore et encore. Quand on sait qu’il faut en moyenne 64 secondes pour reprendre le fil de sa pensée après une interruption par un simple message, on se demande comment nos enfants peuvent encore mener à bien leurs devoirs avec leur téléphone ou leur tablette à proximité.

Appliquer des règles de base

Si limiter le temps d’exposition aux écrans apparaît comme une mesure raisonnable, il n’y a pas de temps d’écran de référence. Tout dépend de différents critères comme l’âge de l’enfant, sa maturité, le contenu, ce qu’il fait sur le dit écran… et surtout l’accompagnement parental.

Il est donc aussi important de terminer de quels écrans il s’agit, pour des enfants de quel âge et pour quoi faire. (Regarder un dessin animé, un tuto pour un devoir scolaire, un jeu ludique, un jeu éducatif …) Et au-delà des supports technologiques en eux-mêmes, il est indispensable que les parents aient également un œil sur les contenus auxquels ont accès leurs enfants.

Gagner en interaction avec ses enfants

Si l’on prend l’exemple du langage, la technoférence, c’est-à-dire l’interruption incessante du temps passé en famille par les sollicitations technologiques, nuit au bon développement de votre enfant. L’acquisition du langage naît des interactions avec son entourage, au premier rang desquels les parents.

En somme, on dit oui aux écrans, à condition qu’ils soient utilisés dans un cadre numérique préétabli et sous la surveillance d’un adulte !


L’essentiel

  • Sommeil, obésité, langage, hyperactivité : les troubles induits par les écrans sont aussi divers que variés.
  • Selon le HCSP, les nombreuses incertitudes scientifiques observées soulignent le besoin important de développer la recherche.
  • Le bon usage des écrans ne peut se faire sans le concours, l’accompagnement et la vigilance des parents autant sur le temps passé que sur les contenus.
  • Les écrans peuvent avoir des effets négatifs sur la santé de votre enfant mais aussi des effets positifs notamment dans son apprentissage : Tout est une question d’équilibre et de présence parentale.

Pour aller plus loin

  • Le Haut Conseil de la Santé Publique a rendu un avis sur les « Effets de l’exposition des enfants et des jeunes aux écrans » dans lequel il dévoile des recommandations. L’occasion de rappeler l’importance d’apprendre à nos enfants à devenir des utilisateurs aussi éclairés que connectés !